Sortir de l'autisme

Quelle prise en charge pour l’enfant autiste ? Les parents, qui bien souvent ne connaissent ni les principes ni les effets des trois approches dominantes de l’autisme, sont tragiquement démunis face à cette question.
Aujourd’hui, le comportementalisme tient le haut du pavé. Avec lui, on espère obtenir – et on obtient quelquefois – une adaptation minimale à l’espace social ordinaire : prise des repas, hygiène corporelle, utilisation des transports, conduite dans les lieux publics. Mais au prix de quelle violence ? de quelle dénaturation de l’enfant ? À l’inverse, le « non-agir » initié dans les Cévennes, il y a près d’un demi-siècle, par Fernand Deligny défend l’idée que les autistes, représentants d’une humanité primitive, doivent être, comme les peuples premiers, respectés dans ce qu’ils sont et préservés du monde « civilisé », au risque d’être laissés à leur condition native.

La psychanalyse, repensée, réinventée, libérée des pratiques obsolètes, propose une troisième voie. Substituant une clinique du regard à celle de l’écoute et donnant la priorité à l’accueil et au « tissage » quotidien, elle entreprend d’amener l’autiste non pas à nous mais à lui-même, afin de faire apparaître, à terme, un enfant qui ne soit pas seulement présentable, montrable, mais, comme les autres, « rêvable » par ses parents.
Telle est assurément la sortie de l’autisme – respectueuse de l’enfant – qu’on est en droit d’attendre aujourd’hui.

Création Studio Flammarion Couverture : Photo © iStockphoto / Marcin Pawinski

Table des matières

Table des matières
Introduction 7
1. Comment le comportementalisme produit un enfant adapté au monde 17
2. Comment Fernand Deligny aménagea un espace adapté à l'enfant 59
3. Comment la psychanalyse entreprend d'éveiller l'enfant à lui-même 103
Remerciements 137
Table 139