Misogynes et féministes dans l'ancienne France

Misogynes et féministes dans l'ancienne France

Rien n'est plus dangereux que l'abord d'une femme, il faut fuir, c'est plus sûr. C'est l'unique parti à prendre dans une situation aussi périlleuse. S'entretenir avec une femme, c'est dormir avec une femme. Il faut éviter avec un soin extrême de toucher une femme. Les vieilles et les laides ne sont pas moins redoutables car elles ont recours a l'art lorsque la nature leur manque. L'esprit des femmes est bien plus propre a faire naitre du dégout qu'à allumer la passion. (Abbé Drouet de Maupertuis, 1715)    
Les misogynes des XVIIe et XVIIIe siècles ne s'embarrassent pas de périphrases pour exprimer leurs phobies. Ne rions pas ! C'est le discours des intégristes musulmans pour justifier, aujourd'hui même, le port du voile intégral. Et sous nos latitudes, des traditionalistes aux aguets cherchent à expliquer ou à justifier l'ancienne misogynie.   
Nombreuses citations et analyses de textes peu connus ou inédits à l'appui, ce livre retrace une histoire d'actualité. Et puis, au milieu du tumulte, surgissent des féministes modernes. Mais leur lucidité fera long feu.   
Au XIXe siècle, la bonne gestion bourgeoise de la femme s'impose. Les médecins prennent les choses en main. Fini le temps des insultes et des exégèses. On s'incline désormais devant la Raison et la Nature. La femme sera donc adulée et encensée, mais assignée à résidence dans son foyer et condamnée aux tâches domestiques qui conviennent le mieux à son génie. Et ce nouvel ordre aura sa Bible : Le Code civil.