Frères de sang

La guerre de 1870 contraint une famille alsacienne à l'exil. Ses descendants vivront l'enfer de la Première Guerre mondiale.Un brouillard opaque commence à recouvrir progressivement les souvenirs de la Grande Guerre dont on commémore le centième anniversaire.Jacques Salès, dans son quatrième roman, déchire ce voile pour faire revivre auprès des jeunes et des moins jeunes cette page d’histoire qui a bouleversé et transformé l’ensemble du monde.Les personnages mis en scène nous font toucher du doigt les drames humains qui se sont abattus sur ces frères de sang de la Grande Guerre et leurs familles, le tout sous le regard qu’avait sur la France une famille d’Alsaciens que la guerre franco-allemande de 1870 avait exilée en Haïti.Un roman historique extrêmement documenté, avec pour toile de fond le souvenir d'une génération sacrifiée au cours d'une guerre qui a bouleversé l'Europe.EXTRAITKarl Hertling et sa femme Joséphine étaient boulangers-pâtissiers à Guebwiller, petite ville alsacienne où l’immigration allemande avait été particulièrement forte. Respectivement âgés de 30 et 27 ans en 1871, ils habitaient avec leurs fils Thomas, six ans, et Christoph, un an, un appartement au-dessus de leur boulangerie-pâtisserie qui était la plus courue de la ville. Depuis l’annexion de l’Alsace-Lorraine à l’Allemagne, la vie à Guebwiller leur était devenue chaque jour de plus en plus insupportable en raison de la morgue dont faisaient preuve certains de leurs nouveaux clients allemands. L’un d’eux, Herr Bauer, leur avait proposé un jour de leur racheter leur boulangerie-pâtisserie et leur logement pour un prix qu’ils avaient trouvé dérisoire. Karl avait répondu que sa boulangerie-pâtisserie et son appartement n’étaient « tout simplement » pas à vendre, sur quoi Herr Bauer avait rétorqué qu’à la place de Karl, il accepterait « tout simplement » son offre car il risquait d’être contraint par les circonstances et par les nouvelles autorités à quitter l’Alsace, avec mise de ses biens sous séquestre et possible vente aux enchères. L’allemand était ensuite devenu langue obligatoire en Alsace-Lorraine et l’annonce avait été faite que l’enseignement du français serait supprimé dans les classes primaires dès 1872. Cela avait été la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase. Karl et Joséphine Hertling avaient accepté l’offre de Herr Bauer en se jurant qu’il paierait un jour pour sa morgue, et, trois mois plus tard à peine, la « Boulangerie-Pâtisserie Gourmande Hertling » avait changé de propriétaire et de nom pour être désormais « Bauer’s Lecker Bäckerei ».À PROPOS DE L'AUTEURJacques Salès est avocat au Barreau de Paris. Il est licencié en droit de l’Université d’Haïti, Docteur en Droit de l’Université de Paris et Master of Laws de Harvard. Il est l’auteur de Haïti : naissance tragique, de Une Jeunesse Dorée et de Bombes à retardement publiés aux Editions France-Empire.