Darlène
  • Éditeur québécois

Darlène n’est pas attardée – un test de QI l’avait plus tard démontré, elle est même intelligente, mais ça se voit pas du premier coup d’œil.
Si quelqu’un devait la décrire, par exemple un homme gras et chauve croisé sur la rue, il aurait dit quelque chose comme eh ben en partant est vraiment pas grosse, même que j’dirais maigre, cute itou, dans le sens de belle, mais ça dépend pour qui, pis elle a pas l’air vite, fait que globalement : Mitsou dans le temps de « Bye bye mon cowboy ». Si on avait plutôt demandé à son âme-sœur, il aurait dit quelque chose comme elle a de belles grosses lèvres roses qui s’éparpillent et quelque chose de troublant dans ses grands yeux verts, et elle aurait répondu merci c’est beau comment tu me décris et il aurait ajouté ça fait plaisir t’es un record de beauté et là, wo, exagère pas, mais son âme-sœur existe pas, et cette conversation non plus, en tout cas pas encore.

À grands coups d’images qui rentrent dans le cœur et ressortent plus de la tête, Darlène est (entre autres) un roman qui raconte l’émancipation d’une jeune femme perdue dans le gris des entre-deux, prisonnière imaginaire de Montmorency, le quartier oublié de la ville de Québec.